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Old 06-08-2007, 03:36 PM   #223
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DE L'OMBRE A LA LUMIERE - Paul-Henri Mathieu



«PHM», PASSION, HUMILITÉ, MÉRITE
Par Sophie DORGAN, à Roland-Garros
A 15 ans, Paul-Henri Mathieu s'entraîne sur une chaise sur les courts de Bradenton. A 20 ans, il connaît la désillusion d'une défaite lors du match décisif d'une finale de Coupe Davis. A 22 ans, il frappe des coups droits avec le bras gauche plâtré. Cet hiver en Australie, il sort sur une chaise roulante alors qu'il est à quatre points de la victoire contre Fernando Verdasco. Malgré l'adversité, « PHM » a toujours rebondi.

Son terrain d'expression, le court

Paul-Henri Mathieu a signé pour le meilleur et pour le pire. Son engagement avec le tennis prend racine à onze ans lorsqu'il quitte le cocon familial pour rejoindre le pôle France de Reims. «PHM», pour ses initiales qui pourraient aussi bien signifier passion, humilité et mérite. Depuis quatorze saisons, le Strasbourgeois n'en démord pas. Son regard fixe, son poing frappant son coeur, son sautillement permanent pour mieux se relâcher et sa condition physique que ne renierait pas un Espagnol dressent le portrait sommaire d'un joueur différent. En rugby, les premières lignes, ce sont souvent les taiseux et «Paulo» correspond bien aux critères de ces travailleurs de l'ombre. Peu expansif, il s'exprime sur le terrain avec abnégation, courage et détermination. Ce qu'il gagne, il le mérite. Les exégèses sont pour les autres. Son mode d'expression se résume au court. Et pourtant, à 25 ans, il a déjà vécu mille vies ou presque.

Son curriculum vitae relève autant de l'ordonnance que de la feuille de match. De son aventure américaine durant trois ans chez Nick Bollettieri, l'image de l'adolescent, opéré des deux ménisques en 1997 et 1998 et jouant sur une chaise, reste comme un premier signe. Et dix ans plus tard à deux jours de Roland-Garros, son commentaire sur ce souvenir est limpide : «Quand je ne joue pas pendant deux semaines, c'est difficile. Là, j'avais l'occasion de pouvoir jouer sur une chaise, c'était mieux que rien.» Un an avant sa première opération, il remporte les Petits As, les Championnats de France minimes et l'Orange Bowl 1996. Autrement dit, il écrase tout et tous, les Roddick, Robredo et consorts, avant cette première tuile. Quatre ans plus tard, de retour de son exil américain et accompagné par Thierry Champion, il gagne le titre juniors de Roland-Garros 2000.

Plâtré, il continue à s'entraîner

Et à vingt ans, il connaît son heure de gloire. Sur un nuage, il réalise le doublé Moscou-Lyon et connaît sa première titularisation en Coupe Davis pour la finale face à la Russie au Palais Omnisport de Bercy en 2002. Tout pour être heureux... A deux points de devenir le héros national contre Mikhaïl Youzhny dans le match décisif... Et cette défaite va lui coller aux semelles comme de la terre battue après un orage de grêles. Certains ne se relèveront jamais d'une telle déconvenue. Pas lui. Encore meurtri, Paul-Henri Mathieu prévient juste après le match : «Cette défaite m'apportera plus que tout. Je vais rebondir.» La «révélation de l'année 2002» de l'ATP vit pourtant un calvaire pendant deux ans. Une déchirure aux abdominaux assombrit sa saison 2003, il se sépare de son entraîneur Thierry Champion et son poignet gauche le trahit en 2004. Comme à Bradenton, quelques années auparavant, il s'entraîne avec le bras gauche plâtré. Pendant sept mois, le Strasbourgeois poursuit sa préparation physique et n'hésite pas à taper des coups droits, faute de pouvoir frapper un revers. Il remonte la pente, reconquiert ses galons en Coupe Davis, fait trembler Rafael Nadal l'an dernier aux Internationaux de France et cette année, il renoue avec son coach d'antan, Thierry Champion.

Très en forme, il aborde l'Open d'Australie 2007 et patatras, à trois points à zéro dans le tie-break du troisième set alors qu'il mène deux manches à rien, il se tord la cheville face à Fernando Verdasco et sa sortie du court sur une chaise roulante en aurait terrassé plus d'un. Pas lui. Il faut rebondir encore et toujours. Pour lui, c'est simple, «cela fait partie de la carrière d'un joueur de tennis.» Rééducation, entraînement, tournois, victoire magnifique contre Nikolaï Davydenko à Moscou en Coupe Davis et titre à Casablanca. Comment fait-il pour rebondir ? «Aujourd'hui, mon meilleur classement n'a été que 32e mondial. Quand j'étais plus jeune, mon but n'était pas d'être 32e mondial... Tant que je ne serai pas monté plus haut, j'aurai toujours envie de rebondir encore plus. Je pense que je possède cet état d'esprit depuis tout petit.» Et aujourd'hui, PHM commence à faire peur car lui ne craint plus rien. Sauf peut-être lui-même de temps en temps.

From L'Equipe: http://www.lequipe.fr/Tennis/RG_07_MATHIEU_OMBRE.html
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"History is filled with losers who never won anything themselves, but who ruin the success of others."
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