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Thread: Florent Serra
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Old 12-20-2005, 07:39 AM   #107
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Default Re: Florent Serra

There is a nice article about Florent in "Libération" today:
Tennis. Ce Bordelais, 50e mondial, a remporté cette année le tournoi de Bucarest.
L'invisible ascension de Florent Serra
par Michaël HAJDENBERG
QUOTIDIEN : mardi 20 décembre 2005
Bordeaux de notre correspondant
http://www.liberation.fr/page.php?Article=346183

Ils sont trois Français à avoir remporté, cette année, un tournoi ATP. L'ultratalentueux Richard Gasquet (16e mondial), le bondissant Gaël Monfils (31e) et... Florent Serra. Ce tennisman méconnu de bientôt 25 ans, né à Bordeaux, aujourd'hui 5e joueur français et 50e au classement mondial depuis novembre, a triomphé en septembre à Bucarest (Roumanie). Jusque-là, il faisait partie de ces joueurs qui naviguent tant bien que mal entre les 150e et 250e places mondiales, sans jamais franchir le cap. Il y est enfin parvenu. Mais sans vraiment savoir pourquoi. «C'est dans la tête», dit-il.

Incapacité à gagner. En 1999, à 18 ans, Serra est 250e mondial. Pas mal pour un jeunot. Mais cinq ans plus tard, en 2004, il en est toujours au même point. Pas de blessure, juste une incapacité à gagner les matchs à sa portée. Serra parcourt les tournois «challengers», y franchit généralement quelques tours, gagne 300 euros par semaine. «De quoi manger et faire mon métier». La Fédération française l'appuie, lui paie entraîneur et billet d'avion jusqu'à ses 21 ans, et continue de l'aider par la suite. «C'était nécessaire. Pour se payer un coach privé, il faut compter autour de 50 000 euros par an, en plus des dédommagements de frais.» Serra fait donc partie d'un groupe qui reverse 8 % de ses gains à la fédération : «Les étrangers doivent partir dans le privé ou dans des académies. Ils nous envient ce système.» Qui permet de persévérer quand on n'a pas le talent d'un Gasquet.

Serra a passé son bac, commencé la fac. Mais avoir une tête bien faite n'empêche pas de se la prendre. «A une époque, j'étais complexé de ne pas avoir fait de sport-études. Ensuite, je me suis demandé pourquoi je stagnais. Puis, quand je suis entré dans les 100, j'ai cru que je ne pourrais pas m'y maintenir.» Chaque étape est une nouvelle épreuve. A Roland-Garros en 2004, il obtient neuf balles de match face à Vince Spadea au premier tour. Toutes gâchées. «A cette époque, Florent parlait, se plaignait, racontait sa vie entre les points. Ce jour-là, on aurait pu écrire un livre avec ce qu'il disait», se souvient Jérôme Potier, son entraîneur. Florent Serra en convient, malgré son apparence très calme. «Il faut être dedans, en match comme à l'entraînement. On peut toujours se trouver des excuses sur les balles, le cordeur, la fatigue, l'arbre qui fait de l'ombre sur le court. Mais maintenant, j'essaie d'être à fond. Parce qu'entre un joueur classé 250e et un joueur classé 30e il n'y a que des petits détails. Toujours dans la tête.» Son idole s'appelle pourtant Marat Safin, pas vraiment un modèle de self-control. «Oui mais Safin non plus n'a pas un palmarès à la hauteur de son potentiel, explique Jérôme Potier. Sauf qu'avec le talent qu'il a ça se voit moins.»

Début 2005, Florent Serra gagne deux tournois challengers, ce qui lui fait prendre confiance. A Montréal, il passe le premier tour face à l'Australien Lleyton Hewitt, tête de série n° 2, qui abandonne sur blessure. En Grand Chelem, à Roland-Garros comme à l'US Open, il ne franchit pas le cap des 32es de finale (deuxième tour). Puis vient la folle semaine de Bucarest (11 au 18 septembre). Il sauve trois balles de match au premier tour face au joueur local Victor Crivoi. Passé «à deux centimètres de la défaite», il se lâche et élimine successivement Paul-Henri Mathieu en quart de finale, le Roumain Andrei Pavel en demi-finale et le Russe Igor Andreev (6-3, 6-4) en finale, sur terre battue. Une véritable référence.

Différence. «Aujourd'hui, je tape plus fort dans la balle. Et ce n'est pas une question de muscles.» Selon Serra, le mental représente «35 % du tennis», le «savoir jouer», 50 %. Mais c'est sur les 15 % restants, le physique, qu'il fait souvent la différence. «Il peut courir des heures en tapant toujours aussi fort, confie son coach. Il n'y en a pas beaucoup qui ont sa caisse, qui s'entraînent aussi sérieusement que lui, qui font leurs quatre heures quotidiennes autant à fond.»

Serra a pris son courage comme son revers, à deux mains. De quoi, accessoirement, passer d'un 30 mètres carrés à Boulogne à 65 mètres carrés à Issy-les-Moulineaux. Mais c'est surtout au classement qu'il espère progresser : «Avant, je savais faire, mais je n'osais pas. Au moment d'attaquer, je me disais "si ça se peut, je vais avoir une volée chiante derrière". Maintenant, je fonce, je prends la balle de plus en plus tôt et sans me poser de questions.» Que sera Serra, qui a terminé l'année avec un bilan en parfait équilibre : onze victoires et onze défaites.
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