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Old 08-23-2005, 03:00 PM   #39
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Old article from 2002 (Tennis Mag' of december 2002)...Paulo seen by his mother... hehe
There are a lot of infos about the Bollettieri experience, the injuries etc... Soon to be translated...

That's interesting. From what she narrates, basically she's what the French call a "mère poule": very attached to her children and even more to Paulo who's the younger of the three... But Paulo is apparently not a mummy's and daddy's boy at all and almost "flee" them wanting to leave home at a very early age. First leaving for one of the "CREPS" (Centre Regional d'Education Physique et Sportive) in Reims (far from his Strasbourg home, i can tell you...) and then crossing the Atlantic to go in Bollettieri's. And he asked them not to get involved in his tennis career at all saying it bothered him. Maybe he "sufocated" a little bit in their company. don't know... "Too much overwhelming love and support kills love and support..." And she's the kind to be anxious too on top of that from how she describes herself = not good vibes for a young pro tennis player who doesn't need extra pressure on his shoulder... I would have "flee" too if i were in his situation with this kind of mother... (mine used to be a very little bit too much like that with me and we had to sort this out...) She said it was hard for her and she had to put herself in question and change her behaviour etc...and bla bla bla and then she explained how it was like for him there in Bollettieri's (that's when it gets interesting...) etc...Apart from that they have very good relationships and he called them almost every day (don't know if it's still the case today...) and he cares for their opinion and advice a lot on everything outside tennis, even too much, she hinted.

On this pic from his victory in Lyon in 2002 the ones huging near Thiérry Champion (the one congratulating Mathieu...) who coached him at the time, are his mother Yveline and his father Patrick. Behind them, the man with the blue shirt is his brother Pierre-Yves and the blonde girl with the beige pull-over next to him is his sister Aude among some other family members i guess (maybe brother-in-law, sister-in-law, cousins, friends, i don't know...). Thiérry Tulasne, his actual coach, already bald, was already around at the time it seems (in the back...)...hehe



Paul-Henri Mathieu vu par sa maman, Yveline
Tiré du "Tennis magazine" de décembre 2002


"Comme toutes les mamans, je suis anxieuse pour mon fils, mais j'apprécie les moments où j'ai l'occasion de le voir directement sur le court même si ça se manifeste par de la moiteur au niveau des mains ou des palpitations cardiaques (sourire). Je préfère cette situation à celle qui consiste à se retrouver devant un ordinateur pour suivre l'évolution du score de Paul-Henri sur internet. Parce que mon mari et moi suivons pratiquement toutes ses rencontres par ce biais-là et peu importe l'heure (sourire). Là, le stress est important parce qu'on ne voit pas ce qui se passe. Récemment, au cœur de la nuit, on a ainsi "assisté" à sa victoire sur Sampras à Long Island. Mais de toutes les façons, quand ça se passe bien, Paul-Henri a pris l'habitude de nous appeler quelle que soit l'heure. Ces derniers temps, il nous contacte moins lorsque ça ne s'est pas bien déroulé. Il nous laisse déduire qu'il a perdu."

"Il y a quelque temps, il nous a demandé de nous dispenser de tout commentaire sur son tennis. Quand il nous appelle, il nous donne le résultat sec et s'il veut bien, il rajoute "J'ai bien joué" ou "Je suis content", mais ça se limite à ça. Une fois pour toutes, il a décidé que mon mari et moi n'étions pas compétents pour juger sa technique ou son niveau de jeu, ce qui est d'ailleurs vrai. C'est une décision qu'il nous a forcés à prendre. Un jour, il nous a dit de ne plus nous mêler de son tennis. Il pensait que nous avions des attitudes qui lui étaient néfastes, que nous étions trop près de lui. Nous n'avions pas du tout ce sentiment parce qu'on ne faisait que répondre à ses demandes. On n'allait jamais au-devant. Mais il le ressentait différemment et il avait sans doute de bonnes raisons pour cela. Il ne m'interroge jamais pour savoir comment je l'ai trouvé sur le court. Il peut me dire "J'ai fait un bon match", mais il ne me demandera jamais si je suis contente de sa performance. Sur le court, il ne me regarde pas. Son regard, c'est pour Thierry Champion, son entraîneur."

"C'était un petit garçon très joyeux, très farceur, très vif, très pétillant, mais il a perdu un peu de cette spontanéité à partir du moment où il a fait beaucoup de compétition. Jusqu'à 11 ans, c'était un "bébé cadeau", comme je l'appelais toujours, parce qu'il était en permanence de bonne humeur. Puis il a découvert l'anxiété liée aux matches, ce qu'on attendait de lui et peut-être qu'on lui a demandé beaucoup de choses trop tôt. Il s'est donc renfermé. Le comprendre a été difficile. Une coupure s'est probablement produite quand il a quitté le domicile familial pour aller au tennis-études de Reims. Il vivait des choses qu'on ne connaissait pas et dont il n'avait pas envie de parler. Peut-être le pressait-on trop de questions et a-t-on outrepassé nos droits. A partir de là, il y a une certaine distance qui s'est créée, même s'il ne s'est pas complètement détaché. Aujourd'hui encore, il nous appelle tous les jours."

"Son départ de la maison a été très difficile à vivre pour moi. Il est le plus jeune de mes trois enfants. Il était le petit dernier que j'avais envie de chouchouter (sourire). Mais c'est lui qui a pris la décision de partir. Je me souviens être allée voir le directeur du collège où il était. Cette personne m'avait dit : s'il vous répond "Oui, mais", alors il n'est pas prêt ; s'il vous répond "Oui, maman, je pars", alors ne contrariez pas sa volonté. Comme Paul-Henri m'a répondu trois fois oui, je me suis pliée à son désir. Et tout s'est très bien passé à Reims. Après, il est parti aux Etats-Unis, dans l'académie de Nick Bollettieri, et là, j'ai vécu un enfer. Quand il n'était pas bien, c'était terrible. Plusieurs fois, j'ai pris l'avion pour le rejoindre, mais ça n'était pas toujours possible parce qu'il y avait deux autres enfants à la maison. Il ne m'a jamais dit "Viens", sauf une fois. Heureusement, il avait rencontré des Français avec qui nous nous étions liés d'amitié et ces gens-là tiraient la sonnette d'alarme dans les moments difficiles : "Venez, il n'est pas bien.""

"Le plus cruel là-bas a été pour lui la blessure, particulièrement la seconde. Il est tout de même resté sans jouer pendant 14 mois. Il a vu ceux qu'il battait progresser et avancer à l'ATP et quand il a recommencé à jouer, il a voulu rattraper le temps perdu et il ne comprenait pas que les résultats ne viennent pas aussitôt. Il perdait et il lui arrivait de pleurer au téléphone. Il a connu ces moments de détresse jusqu'à l'année dernière où il avait le sentiment de bien travailler à l'entraînement, mais de ne pas être suffisamment récompensé de ses efforts. Oui, c'est un perfectionniste depuis toujours. Quand il était petit, il ne quittait jamais un court sans avoir fait un point gagnant. L'entraînement ne pouvait pas s'arrêter sur un point perdu."

"Il a franchi un cap depuis le dernier Roland Garros quand il a atteint les huitièmes de finale face à Agassi. Peut-être a-t-il appris ce jour-là à relativiser la défaite. Quand je l'ai revu tout de suite après le match, il était sous le choc de l'échec. Tout le monde lui disait pourtant : "Tu as fait un super match". Je me rappelle notamment de la maman de Tatiana Golovin qui lui a déclaré : "Aujourd'hui, Paul-Henri, c'est ta plus belle victoire." Il l'a regardée avec stupéfaction. Je crois qu'il a compris cet après-midi là que l'on pouvait perdre un match même en ayant très bien joué. Eh oui, je pense que depuis, il gère mieux l'échec ou l'idée de l'échec. Il faut se souvenir que jusqu'à sa première blessure, il jouait en pensant que rien ne pouvait lui arriver. Il était toujours en pleine confiance et dominateur. Il a découvert la défaite assez tard. C'est une caractéristique importante de son parcours."

"Plus jeune, il était assez fétichiste. S'il n'avait pas le bon maillot, il ne pouvait pas jouer. Je me rappelle qu'il pouvait me dire : "Ca ne peut pas marcher, tu ne m'as pas lavé le maillot qui gagne". Je me souviens du quart de finale qu'il avait disputé contre Andy Roddick lors du tournoi juniors de Roland Garros en 2000. Nous étions logés chez des amis à Paris. Cinq minutes avant d'entrer sur le court, Paul-Henri arrive en courant vers moi pour me dire : "Je n'ai pas la bonne tenue". La personne chez qui nous habitions a repris sa moto pour aller chercher la fameuse tenue que nous lui avons donnée alors que le match avait déjà commencé. Il l'a enfilée aussitôt et il a battu Roddick puis gagné le tournoi."

"S'il nous tient éloignés de tout ce qui concerne son jeu, il nous demande notre avis pour tout un tas d'autres choses liées à sa carrière ou à sa vie de tous les jours. Par exemple, il ne s'autorise pas à s'acheter un walkman sans éprouver le besoin de nous en parler. Il est huitième de finaliste à Roland Garros. Dix jours après, il téléphone à la maison : "Papa, est-ce que je peux m'acheter un baladeur?"

"Ce que j'aime lorsque je le vois jouer? J'adore l'entendre ahaner sur un court (sourire). Quand il ahane au moment de la frappe, et bien que cela dérange un certain nombre de gens, cela me prouve qu'il est bien concentré. Il faisait déjà ça quand il était tout petit, mais certaines personnes lui ont demandé d'arrêter et il lui a fallu beaucoup de self control pour y parvenir. Et ce cri est revenu quand il s'est remis à gagner l'année dernière (sourire). S'il n'ahane pas, je me dis que ce n'est pas un bon jour. Quand il se parle à lui-même, quand il maugrée, je sais que ça ne va pas. Petit, il avait tendance à montrer fréquemment le poing face à son adversaire. On lui a dit que ça n'était pas une bonne idée et il a eu du mal à l'accepter (sourire). Aujourd'hui, il montre le poing, mais c'est pour s'encourager. C'est un signe positif supplémentaire pour dire "Je suis là"."

Last edited by delsa : 08-23-2005 at 11:19 PM.
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