MensTennisForums.com - View Single Post - Captain Clément in Charge - Davis Cup

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Old 04-09-2013, 08:27 AM   #126
country flag soulage
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Default Re: Captain Clément in Charge - Davis Cup 2013

The debrief, not the best debrief in my opinion for him everything goes well

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« Les années passent... »

ARNAUD CLÉMENT vient de découvrir la défaite comme capitaine. Il refuse de plonger dans le doute mais sait aussi que le temps est compté pour cette génération.

Au lendemain de la roulade héroïque de Carlos Berlocq, du dépit de Gilles Simon et des gros sanglots de Julien Benneteau dans les bras de Lionel Roux, Arnaud Clément a accepté de débriefer sa première défaite de capitaine. Hier matin, dans le hall de son hôtel, la voix cassée mais plutôt de bonne humeur, il a soigneusement abordé chaque sujet sans fuir mais sans remettre grand-chose en cause.

BUENOS AIRES – de nos envoyés spéciaux

« POURQUOI LA FRANCE a-t-elle perdu ce match ?

– Parce que les Argentins nous ont été supérieurs. Quand les sets se jouent presque à chaque fois sur rien et qu’ils tournent systématiquement en leur faveur, c’est qu’il se passe quelque chose. Ils ont été plus réalistes et ils ont surtout eu la capacité à se servir parfaitement de leur public. Sauf Juan Monaco le dimanche, mais il est tombé sur “l’Animal” ! (Tsonga).

– Malgré leur attachement à la Coupe Davis, aucun joueur français, hormis Jo, n’est parvenu à se transcender…

– C’est dur à expliquer… Les conditions de jeu étaient extrêmement dures. Ce public qui siffle ou applaudit sur chaque première balle ratée, ça crée une tension pas possible. À certains moments, on a peut-être été inhibés par ça. Même les gars qui avaient beaucoup d’expérience n’avaient jamais connu ça. Y compris à Belgrade, en 2010. Pourtant, c’est resté correct. Ici, on n’a pas senti un public méchant, hostile mais ça dégageait une telle puissance… Mais après coup, dimanche soir, au débriefing, chaque mec avait envie d’y retourner. Dans cette équipe, il y a de la qualité et de l’envie.

– L’envie, oui. Mais la qualité intrinsèque des joueurs est-elle suffisante ? Ne les voit-on pas meilleurs qu’ils ne sont ?

– Dimanche, pendant le cinquième match, je repensais à 2001. Le quart contre les Suisses. “Scud” (Escudé) avait sauvé une balle de match contre Bastl. À un point près, on ne gagne pas la Coupe Davis. C’est dur, une campagne de Davis… Ça se joue sur rien. Il ne faut pas minimiser la performance des Argentins.

– Le week-end s’est mal goupillé. C’était votre premier vrai test comme capitaine. Avez-vous perdu certaines de vos illusions ?

– Absolument pas. Je n’ai aucun doute par rapport à mes cinq joueurs. Ni par rapport à ceux qui suivent. J’ai longtemps joué la Coupe Davis. Sur certaines rencontres, j’ai vu des comportements un peu nonchalants. Sur mes deux rencontres, j’avais deux mecs du top 10, un 13e mondial, un caïd du double... À chaque fois, j’ai vu des mecs au taquet. J’étais même hyper surpris. Et ce n’est pas de la langue de bois. Ce qui ne m’empêche pas de me poser des questions sur mon rôle de capitaine : qu’est-ce que j’aurais pu faire d’autre ? Finalement, c’est peut-être moi qui ne suis pas parvenu à leur apporter ce “rien” qui fait la différence.

– Le fait est que Simon a reconnu de lui-même qu’il avait un problème avec la Coupe Davis… Qu’il ait perdu huit de ses neufs matches veut dire quelque chose, non ?

– Je n’ai pas de doutes par rapport à lui. Parfois, il est passé très près. Berlocq est le gars le moins bien classé contre lequel il a perdu en Coupe Davis (64e mondial, il a gagné 7 places ce week-end). On a bien vu que dans cette compétition, les classements comptent moins (dans ce cas-là, ils comptent moins aussi quand c’est Berdych, Stepanek, Djokovic, Ferrer ou Melzer en face). Putain, si Gilles avait pu faire basculer le troisième set… Je voulais qu’il y retourne (dimanche) parce que j’étais persuadé qu’il était capable de le faire. Je le suis encore.

– D’accord. Mais concernant Simon, ne faut-il justement pas arrêter de se fier à ses résultats récents puisque le problème est ailleurs. Il veut y aller mais il n’y arrive pas.

– La veille (de dimanche), quand j’ai discuté avec lui, jamais je ne l’ai senti hésitant. Il avait une volonté immense. D’ailleurs, il a plus lâché ses coups que le vendredi. Même s’il aurait pu le faire plus… Je suis persuadé que dans un contexte plus calme, ce match, il l’aurait gagné.

– Michaël Llodra aura trente-trois ans dans un mois. On sent depuis un bout de temps que son investissement quotidien dans le boulot n’est plus aussi haut qu’avant. Faut-il reconstruire un double autour de quelqu’un d’autre ?

– La question se posera dans dix mois. Mais je me la suis déjà posée pour cette année. J’ai été très clair avec les joueurs. Selon les moments, selon les surfaces, il y aura des choix à faire. J’ai quand même sous la main deux équipes médaillées olympiques (Tsonga-Llodra en argent, Gasquet-Benneteau en bronze) donc, pour moi, la question n’est pas : qui va jouer avec “Mika” ?

– Dans votre esprit, il peut donc être appelé pour le premier tour 2014 ?

– Je ne pars pas d’Argentine en me disant : O.K., Mika, c’est fini et Gilles, c’est fini.

– Avez-vous envisagé d’aligner le double Tsonga-Llodra en Argentine ?

– Non, à aucun moment. Jo n’avait pas le temps de se préparer pour les simples et pour le double. Le double, sur terre, c’est très spécial. Jo peut être super fort sur terre, on l’a vu contre Monaco, mais c’est quand même du lourd (son gabarit) donc il faut du temps pour s’y préparer. Autre chose : après son match dur et long de vendredi contre Berlocq (5 sets et 3 h 53), il n’aurait pas pu jouer samedi. Il était vraiment touché physiquement. Même pour son match de dimanche, il était dans l’incertitude !

– Llodra, c’est pas fini. Simon, c’est pas fini. Est-ce que Richard Gasquet, c’est fini ?

– Non, non, non : Richard, ça commence en fait. (On sent qu’il a très envie qu’on aborde ce sujet.) Je vais vous donner ce qui vous manque pour comprendre ce qui s’est passé. Le plus sincèrement possible. Tout le monde, vous, le public, l’équipe, se demande pourquoi Richard n’était pas sur le terrain alors qu’il jouait “top 5” la semaine d’avant à Miami. On a discuté plusieurs fois avec Richard. En fait, il m’a dit : “Moi, j’ai mal (à sa cheville touchée à Indian Wells). Je n’ai pas plus mal que la semaine dernière (à Miami, où il est quand même arrivé en demi-finales) mais je n’ai pas moins mal non plus et je t’avoue que je ne sais pas si je vais pouvoir tenir cinq sets. J’ai aussi beaucoup d’incertitudes sur mes capacités à enchaîner le vendredi et le dimanche.” Imaginez s’il ne peut pas tenir en Coupe Davis... Imaginez que je décide ça alors que j’ai Gilles qui est là... D’accord, il est moins fort que Richard ces derniers mois, mais il est là. J’aurais pu aussi dire à Richard : “O.K., t’es un peu diminué mais j’ai envie de prendre ce risque.” Je ne l’ai pas fait et j’assume mon choix.

– Certains membres de l’équipe ont dit que, dès Indian Wells, ils sentaient très fort que Richard n’allait pas y aller… Ça, c’est pas la blessure. Ce n’est pas le même problème, en fait…

– Je ne pense pas que ce soit le cas, en fait. Certains, je ne sais pas qui et ça ne m’intéresse pas, ont pu avoir ce sentiment et vous en parler. Eh bien, je pense qu’ils se sont plantés. Là, je vous le dis sincèrement : je n’ai aucun doute. Ça a été dur pour lui de me parler avant la rencontre. Il en est conscient. Il m’a dit : “Quelque part, j’ai mal, mais je sais ce que certaines personnes vont penser.” Ce matin, vous avez une unanimité inverse au sein des joueurs. Ils savent qu’ils se sont trompés. Il n’y a aucun malaise entre les joueurs.

– Donc tout va bien en fait ?

– Nous, en France, on a besoin de cette confiance absolue quand on est en Coupe. Je suis vraiment optimiste par rapport à ça. Mais, mine de rien aussi, les années passent et les joueurs en sont conscients. C’est pour ça que j’ai les boules “monstrueux”. Cette année, c’était une chance. L’an prochain, on aura une chance. L’année suivante encore. Après on ne sait pas.

– Y a-t-il chez vous un désir d’ouverture dans le groupe ?

– Jérémy (Chardy) est un élément important. Il progresse, il a été capable de gagner des matches en Coupe Davis, avec notamment pour sa première rencontre un match décisif. Il bat des tops 10 sur le circuit et il peut le faire en Coupe Davis. Il joue très bien en double, aussi. Je pense à Gaël (Monfils), bien évidemment, avec son potentiel hallucinant. Il faut qu’il revienne au niveau physique qu’il avait avant. Après, j’irai voir les jeunes aussi. Des joueurs comme Paire ou Rufin doivent sentir qu’il y a un lien. »
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