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Thread: Benoit Paire
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Old 10-26-2012, 07:19 AM   #496
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Default Re: Benoit Paire

A page on Benoit in l'equipe great interview

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BÂLE (ATP 500, indoor)

« Moi, un sale gosse ? Non »

BENOÎT PAIRE voulait son quart de finale contre Federer dans son fief.

Il l’aura aujourd’hui. Mais, avant, il a accepté de tout mettre sur la table.

Ceci n’est pas une révolution. Mais quand même : tombeur mercredi de Seppi, 22e mondial, puis de Kubot, 67e, hier (6-4, 6-4), Benoît Paire a enfin gagné deux matches de suite, chose qui ne lui était plus arrivée depuis Wimbledon. Dominé de bout en bout, le Polonais a pu apprécier les merveilleux lobs de revers de Paire, sa qualité de service, et de retour aussi. Pour son tout premier quart de finale d’un tournoi 500, l’Avignonnais (23 ans) sera servi. « J’avais vu le tableau en arrivant et j’ai tout de suite rêvé de ce quart contre Roger, chez lui.» Roger, c’est Federer, le numéro 1 mondial, vainqueur de cinq des six derniers tournois de Bâle.

BÂLE – (SUI) de notre envoyé spécial

« ÇA Y EST, vous l’avez votre quart de rêve. Que représente Federer pour vous ?

– Quand j’étais petit, j’étais fan. J’avais des posters dans ma chambre. J’ai toujours été plus Roger que Rafa. J’admire le joueur, et maintenant que je le connais, j’admire l’homme. Il est tellement agréable en dehors. À Roland-Garros, je lui ai demandé des conseils parce que je savais qu’il pétait les plombs quand il était jeune. Il m’a expliqué comment il avait surmonté son problème (le décès de son coach Peter Carter lui servit de déclic). Aujourd’hui, il est devenu tellement zen que je me dis que c’est possible pour moi aussi. Je ne pars pas perdant. Je sais qu’il faudra d’abord le retourner puis l’agresser, si possible sur son revers. Si je le regarde, ça risque de défiler. Je prends ce match comme un cadeau, une récompense de ma belle saison.

– Depuis six mois que vous entrez dans les grands tournois, qu’avez-vous appris des meilleurs ?

– Ce qui m’a le plus marqué, c’est le sérieux des gars. Tout le monde m’en avait parlé mais j’avais quand même bien envie de voir. Je n’y croyais qu’à moitié. Maintenant, je sais. Même quand on sent qu’ils n’ont pas super envie, ils ne disent rien, ils sont à fond. Je me souviens d’avoir vu le premier entraînement de Federer à Shanghai. C’était pas beau. Il faisait des bois, il en mettait partout. Mais il n’a rien dit. Il a continué et continué, et il s’est réglé. J’aime bien parler avec les grands joueurs et écouter leur avis. J’ai beaucoup échangé avec Jo (Tsonga). On a parlé comportement, confiance en soi. Il me dit que j’ai un talent particulier et que je n’ai pas le droit de le gâcher.

– Ce talent particulier, c’est quoi ?

– Certains ont le talent de la combativité, d’autres le talent du travail. Moi, je dirais que j’ai le talent de la “main”, du sens du jeu, du toucher de balle. Mais ça n’est pas suffisant pour arriver au plus haut niveau. Il y a des jours où je fais ce que je veux de la balle. Mais dans ce cas-là, pourquoi travailler ? J’y suis arrivé sans faire les efforts qui sont normalement nécessaires. D’un côté, c’est super. Mais d’un autre, ça se retourne parfois contre moi.

– C’est l’histoire du cadeau empoisonné…

– Voilà. Moi, j’ai bousillé des entraînements entiers… Le pire, c’est que je peux avoir une sensation de balle incroyable le lendemain. C’est pour ça que c’est dur de me dire que c’est grâce au travail qu’on y arrive. En plus, si je bosse je veux que ça paye de suite. Or, ça ne marche pas comme ça. Mais je lâche de moins en moins d’entraînements. Quand je fais une faute, je la “regarde” moins. Depuis un an, à force de parler avec Lionel (Zimbler, son coach), j’ai pris conscience de mes défauts. Et je les gomme petit à petit. Parfois, à l’entraînement, on tape deux balles et on passe le reste de la séance à discuter. Il essaye de comprendre ce qui se passe dans ma tête. Pourquoi je m’énerve, pourquoi je me sens bien, pourquoi je me sens triste… Je n’ai aucun secret pour lui.

– Pouvez-vous nous donner un exemple d’un de ces progrès ?

– En arrivant ici, je n’étais pas du tout en confiance. La veille de mon match contre Seppi (mardi), mon entraînement du matin était mauvais. J’ai pas mis un revers. C’est ma meilleure arme et je l’avais perdue depuis des semaines. D’énervement, j’en ai cassé une raquette. Avant, je serais entré sur le terrain en me disant : “Pff, je peux pas gagner sans mon revers. Ça sert à rien.” Mais cette fois, j’ai réussi à passer au-dessus de ça et j’ai gagné.

– Vous étiez pareil quand vous étiez môme ?

– Presque pire. Je devenais fou. Après, je boudais dans ma chambre. Horrible. Quand je ratais un coup, je ne l’acceptais pas. Je n’arrivais pas à “décrocher”. Je pouvais réussir trois revers parfaits, si je ratais le quatrième je partais dans des crises. Or même Roger ou Rafa ratent des coups ! J’ai vraiment progressé, sinon je ne serais pas 50e aujourd’hui (46e exactement). Désormais, l’objectif d’un match n’est pas la gagne mais de rester calme, de ne pas “fissurer”.

– Pendant la tournée asiatique vous étiez seul, sans coach, et vous aviez avoué que ça ne vous réussissait pas du tout. Pourquoi ?

– Faut plus que je parte en tournoi tout seul ! Plus jamais ! (Rire). Seul, je suis capable de m’isoler et de ne plus m’entraîner du tout. De rester dans ma chambre toute la journée. À Shanghai, je me suis encore fait une petite déprime… J’écoute de la musique, des trucs un peu tristes et je me retrouve dans un état… je sais pas… de blues. Dans ces cas-là j’ai tendance à n’avoir envie de rien. À Bâle, Lionel est avec moi mais mardi, après mon entraînement pourri, j’étais parti pour m’enfermer dans ma chambre toute la journée. Heureusement, je me suis bougé. Je suis revenu au stade voir le match de Stan (Wawrinka, son grand pote). Ça m’a fait du bien.

– C’est quoi cette musique que vous écoutez ?

– (Rire.) Des trucs mélancoliques. Comme Arron, Adèle… J’aime bien être dans un état un peu triste. Je dis bien un peu (Rire).

– Si vous aimez ça, où est le problème ?

– Le problème, c’est qu’après une journée à ne rien faire, je me sens “mort”. Il y a des matches entiers où je suis passé à travers à cause de ça. Alors que si je me bouge je sens beaucoup plus d’énergie en moi. Franchement, j’ai beaucoup évolué. C’est pour ça que ça me fait chier d’avoir montré un mauvais visage à Metz. Je prouve aux gens qu’ils ont raison d’avoir une mauvaise image de moi. Après ce qui s’est passé à Metz (attitude pitoyable pendant son match contre Kohlschreiber), j’étais triste. Sortir sous les sifflets, ça me fait mal. Je serai toujours différent, j’aurai toujours mon caractère, mais je ne dois pas dépasser la limite. Les gens qui n’ont vu que ça de moi pensent que je suis un sale gosse alors que non, je ne suis pas comme ça.

– Le prochain cap à passer, ce serait quoi ?

– C’est le physique ! Là, c’est la fin de la saison et je sens que ça tire. Que j’encaisse moins bien les voyages et les décalages horaires. Ça se travaille. Je suis conscient que je ne fais pas les mêmes efforts que les autres. Je ne sais pas si c’est de la fainéantise… Peut-être que ça me fait trop de trucs à digérer en même temps. À l’intersaison, j’ai l’intention de bosser plus. Est-ce que je vais le faire ? Je ne sais pas. Je me connais (rire). Mais l’envie est là.

– C’est quoi votre record au développé-couché ?

– Oh non ! J’ai trop honte ! (rire) C’est ridicule. 60 kilos. Gilles Simon m’a dit qu’il était monté à 100. Tous les juniors sont à 80. Comme j’ai de longs bras, l’idée n’est pas d’arriver à 100. Mais je dois faire mieux. Moi, quand je sers à fond, je suis à 205 km/h. Les meilleurs, parce qu’ils ont plus de force, peuvent claquer une première à 215 dès que c’est chaud. Ils ont une vitesse de base au service plus haute que moi.

– C’est quand la dernière fois que vous avez couru sur une piste d’athlétisme ?

– Je l’ai jamais fait. Je me disais que faire un foot ça revenait au même. Je courais et en plus je m’amusais. En fait, c’est pas pareil. »

FRÉDÉRIC BERNÈS(avec Vincent Cognet)

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Federer :

« Benoît est tellement calme »

« JE N’AI JAMAIS JOUÉ contre Benoît mais nous nous sommes entraînés deux ou trois fois ensemble. Il est très connu pour son superbe revers. Il est aussi très athlétique. En fait, je connais plus le garçon que le joueur. Une fois, il m’a dit qu’il était nerveux sur le terrain et j’ai trouvé ça rigolo, parce que Benoît est tellement calme en dehors. Tellement gentil. Moi aussi quand j’étais jeune, j’étais nerveux. Contre moi, à Bâle, en live à la télé, il sera sans doute plus tranquille (rire). C’est pas comme quand tu joues sur le court 23 ! Moi, à l’époque, ça m’avait calmé de jouer les meilleurs chez eux. » – F. Be.
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