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Old 06-23-2012, 07:57 AM   #4
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Default Re: Captain Clément in Charge - Davis Cup 2013

Equipe today






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« Clé » en mains

Lundi, Arnaud Clément a perdu son dernier match pro en simple, lors des qualifications de Wimbledon. Hier, il a été intronisé capitaine de Coupe Davis. Sacrée semaine !

DEPUIS QUE GUY FORGET avait évoqué l’idée de son départ en novembre dernier, de nombreux candidats s’étaient dits intéressés par sa succession, de Henri Leconte à Amélie Mauresmo en passant par Nicolas Escudé, Cédric Pioline ou Sébastien Grosjean. Et c’est Arnaud Clément, sans bandana mais portant tee-shirt et jean noirs, en toute simplicité, qui s’est installé hier dans la grande salle de conférence de Roland-Garros en tant que nouveau capitaine de Coupe Davis.

Souriant, mais transpirant. Naturel, mais pas tout à fait décontracté. « Qu’est-ce j’étais tendu ! », admettra-t-il après la conférence de presse, premier acte de sa nouvelle vie. Pas facile d’être capitaine, même quand on a été choisi à l’unanimité. Mais tellement réjouissant, quand même : « Pour moi, c’est fantastique, et en même temps une grande responsabilité. La grosse différence, c’est qu’avant, quand je me plantais, je me plantais tout seul. Là, je deviens responsable de l’équipe de France du deuxième sport national. » Il aurait pu être un jeune retraité. L’idée lui « plaisait bien ». Mais il ne pourra plus se cacher. « Maintenant, le but, c’est de la gagner, la Coupe Davis... »

COMMENT ÇA S’EST DÉCIDÉ ?

Ce sont les joueurs du noyau dur de la Coupe Davis de ces dernières années (Tsonga, Simon, Monfils, Gasquet, Benneteau et Llodra) qui ont tranché. Mais certainement pas d’un coup de cuillère à pot. Plutôt au terme de nombreux échanges ces derniers mois. « Ils se sont vus des heures et des heures. Il y a eu beaucoup de réflexion, certains ont même écrit des choses, raconte Arnaud Di Pasquale, responsable du haut niveau masculin. C’est à la troisième réunion commune que ça s’est déterminé. » « Ça a été un choix mûrement réfléchi, confirme Gilles Simon (7 sélections). Au fil des discussions, Arnaud nous est apparu comme le capitaine que l’on pensait le plus à même de nous mener à la victoire. » « C’est Cédric Pioline qui a le plus challengé Arnaud Clément sur la fin », précise Gilbert Ysern, directeur général de la FFT. « Ça ne s’est pas joué à grand-chose, mais à la fin, il a fait l’unanimité, poursuit Michaël Llodra, pilier du double français depuis bientôt dix ans avec 25 sélections ! Les joueurs ont apprécié chez Arnaud peut-être, aussi, au début, le fait qu’il ne se positionne pas, parce qu’il était encore en activité, et que ce soit plus nous qui allions vers lui... En parler tous ensemble entre joueurs a été super enrichissant, on s’est vraiment livrés. Ce sont les valeurs d’homme d’Arnaud qui ont fait la différence plus que ses qualités de joueur de tennis. »

QU’EST-CE QUE ÇA VA CHANGER ?

Il affirme qu’il ne fera ni du Noah, ni du Forget, mais ça sera quoi, faire du Clément ? Hier, même l’intéressé ne le savait pas exactement. Le nouveau capitaine reconnaît juste avoir eu « beaucoup de réflexions », sans en dire plus sur les détails. « Il n’y aura pas de cassure, en tout cas. Avec Guy (Forget), on a beaucoup de points communs, mais des caractères qui ne sont pas identiques. Alors ça sera forcément différent. »

Après l’élimination de la France en quarts de finale face aux États-Unis, le président Gachassin avait suggéré l’idée d’une nouvelle ère, semblant vouloir mettre fin à la « république des joueurs », choisissant eux-mêmes leur capitaine. « Tout ça va changer, disait-il. Les joueurs ne décideront pas seuls. On sait bien qu’il y a des relations amicales qui peuvent fausser le jeu. »

Peut-on dire que le système a vraiment changé ? Non. Il garde ses avantages – les joueurs ne peuvent remettre en cause les capacités du sélectionneur à moins de se renier eux-mêmes – et ses défauts – redevable, le capitaine est dépendant des joueurs pour sa reconduction, en l’occurrence le contrat de Clément court sur deux saisons –, mais il reste en l’état.

Au final, le bureau fédéral, au nom d’une évidente continuité, a simplement validé le choix. « Les joueurs ont exprimé une envie, le mot est important, a précisé Gilbert Ysern. Et Arnaud Clément convient très bien à la fédération. » Donc, tout va bien.

Arnaud Clément, l’ancien ami devenu chef, ne semblait pas craindre en tout cas cette différence ténue entre autorité et complicité née d’un mode de désignation particulier. « Les joueurs sont intelligents, dit-il. S’ils ont pensé à moi, c’est qu’ils pensent que je peux être bon. Et l’autorité n’est pas quelque chose qui m’effraie. S’il y a une décision à prendre contre un joueur, et pour l’intérêt de l’équipe, je la prendrai, même si ça ne fait pas plaisir. » De cela, Michaël Llodra se portait garant hier : « Arnaud est droit, intègre, et quand il a quelque chose à dire, il vous le dit en face, même si ça génère peut-être des tensions. Je me suis pris la tête avec lui quelque temps pour une connerie. On n’était pas d’accord. Pendant six mois, ç’a été dur, mais après, on est rentrés sur le fond du problème, et voilà. Il saura prendre des décisions, dire stop ou non ! »

QU’EN PENSENT LES JOUEURS ?

Il était très rare sur le circuit d’entendre des mots aigres-doux sur Arnaud Clément, plutôt loué pour ses valeurs d’exemplarité et d’abnégation. Pas surprenant, donc, que le capitaine recueille les félicitations du jury pour le début de son aventure. « Arnaud a toujours été exemplaire, que ce soit dans sa carrière de joueur ou à l’extérieur, jugeait Jo-Wilfried Tsonga (8 sélections), le leader de l’équipe. Il va très bien représenter les couleurs de l’équipe de France, c’est sûr. Je pense que c’est son engagement dans la Coupe Davis qui a pesé dans la balance. Il a toujours été à fond dedans. C’est quelqu’un de très intègre. » « Vu son profil et ce qu’il a apporté en tant que joueur, ajoutait Julien Benneteau (5 sélections), c’est mérité et excitant. Il va être un modèle et un moteur. Certains peuvent penser que c’est un peu tôt parce qu’il est presque encore joueur, mais je pense au contraire que ça fera le lien plus rapidement. » Adoubé par tout le monde, il en sortait grandi aux yeux de tous. « C’est justement le fait qu’il ait été choisi après cette réflexion qui renforce sa position, notait Gilles Simon, dans le sens où nous autres joueurs savons exactement pourquoi nous l’avons pris lui et pas un autre. » Lui, le mec plus ultra. « Car c’est vraiment un bon mec, concluait Richard Gasquet (10 sélections). Avec une grosse personnalité. Personne n’a rien à lui reprocher. »

ET MAINTENANT,IL SE PASSE QUOI ?

D’abord, Arnaud Clément doit en terminer pour de bon avec sa carrière de joueur, et ça passera par le tournoi de double à Wimbledon la semaine prochaine, avec Michaël Llodra, contre Ramirez Hidalgo et Ramos. Mais ensuite ? Wimbledon sera certainement le lieu des premières discussions entre Arnaud Clément et « ses » joueurs : « On a pas mal de temps avant la prochaine rencontre, mais ce temps-là, j’ai envie de l’utiliser pour discuter à fond avec tout le monde, dit-il. Première étape : parler avec les joueurs, avec notamment la formation du staff comme sujet, mais pas que celui-là. J’ai besoin d’échanges d’une autre nature que précédemment. » Lionel Roux, entraîneur de l’équipe de France de Coupe Davis lors des dernières années Forget, sera présent à Wimbledon avec la double casquette de consultant pour Canal + et d’entraîneur de l’équipe de France olympique. Sera-t-il aussi au contact de Clément ? « Je n’ai aucune info, mais c’est sûr que si Arnaud me demande de continuer, j’y vais les yeux fermés ! »

Les autres grandes étapes des débuts de cap’tain Arnaud sont simples : tirage au sort du tableau de la Coupe Davis 2013 le 19 septembre. Premier tour du 1er au 3 février 2013. Clément a sept mois pour tout mettre en place.

FRANCK RAMELLA et JULIEN REBOULLET
Quote:
Un coq de combat

Toujours généreux dans l’effort, le nouveau capitaine de l’équipe de France de Coupe Davis

n’aime pas se prendre trop au sérieux. Ce qui ne signifie pas qu’il ne l’est pas.

PERSONNE NE POURRA accuser Arnaud Clément d’avoir gaspillé un talent surnaturel par excès de paresse ou une posture je-m’en-foutiste. S’il en est un qui a su extraire la substantifique moelle de ses dons, c’est bien lui. L’Aixois a fait mieux que tirer 100 % de son potentiel : il l’a souvent étiré bien au-delà. Joueur, « la Clé » ne possédait ni le coup droit de Sébastien Grosjean, ni le revers de Cédric Pioline, ni la volée de Michaël Llodra, ni la science du timing d’Olivier Mutis, l’idole de ses jeunes années et son parfait contraire en termes d’investissement professionnel. Lui s’est « acheté » une carrière, à force de volonté, de travail acharné, de sérieux et de méticulosité. Il a fait sans les fées. L’histoire n’en est que plus respectable.

Saint-Cyprien, fin novembre 2010. L’équipe de France effectue un stage de préparation à la finale de Coupe Davis qui l’opposera, une semaine plus tard, à la Serbie de Novak Djokovic. Les journées sont chargées. Clément est de l’aventure mais presque par défaut : il ne doit sa sélection qu’au forfait de Julien Benneteau (poignet), titulaire du double avec Llodra. Un mois plus tôt, à Valence, il se disait écœuré par son niveau de jeu. Alors, à Saint-Cyp, il met les bouchées doubles. Le soir, alors que l’équipe rentre fourbue à l’hôtel, il se rajoute des heures sup (un jour le retour de service, un jour la volée basse, etc.), au côté de l’entraîneur Lionel Roux. L’acharnement paye : à Belgrade, il sera le grand bonhomme du double, qui permettra à la France de virer en tête 2-1. Mi-éberlués, mi-admiratifs, ses jeunes coéquipiers ont vu le phénomène en action.

À dix-sept ans, Clément n’est classé que 0. Techniquement et physiquement, il est loin d’être le meilleur. Mais il est mort de faim, presque un coq de combat. À Marseille, il forme avec Grosjean un binôme de minots (drivé par Bernard Fritz), qui évoluera vite en binôme pour la vie. Mais ce sont de faux jumeaux. Grosjean est un joueur dans tous les sens du terme ; Clément n’aime rien tant que la dépense physique. C’est sur une infatigable paire de gambettes et une niaque hors norme qu’il va bâtir une carrière presque improbable, marquée par une finale en tournoi du Grand Chelem (Australie 2001, contre Agassi), une accession au top 10 (avril 2001), quatre titres en simple et un du Grand Chelem en double (Wimbledon 2007, avec Llodra). Sans oublier le coup de cœur de sa vie de joueur, la Coupe Davis. Pendant dix ans, parce qu’il est avant tout un joueur complet, il alterne ou enchaîne simple et double. Il est surtout un coéquipier irréprochable, sur lequel Guy Forget s’appuiera sans cesse pour cimenter l’esprit de son groupe. De 2000 (première apparition dans l’équipe contre le Brésil de « Guga » Kuerten) jusqu’à la finale de Belgrade, en 2010, les années Forget collent au plus près avec les années Clément. Normal : ils ont la même vision de ce que doit être le club France. Le passage de témoin entre les deux hommes doit beaucoup à ces valeurs partagées.

En phase avec son personnage

Le soin maniaque avec lequel il gérait sa carrière (du rangement millimétré de son sac de sport au rituel pète-sec qu’il instaurait avec les ramasseurs de balles) aurait pu le rendre aussi attirant qu’un congélateur vide. Mais d’autres fées s’étaient penchées sur son berceau. Celles qui distribuent (ou non) le goût de l’humour décalé, du nonsense, de l’autodérision. Clément n’aime rien tant que jouer l’hurluberlu qui vit sur sa propre planète et semble tomber des nues devant les choses de la vie. Mais ce personnage n’est pas seulement une posture. En lui cohabitent une vraie originalité, une certaine forme de naïveté, une curiosité non feinte et une franchise parfois désarmante. Après la finale de Melbourne, en 2001, il sidère Agassi sur le podium en lui demandant benoîtement : « Euh… à ton avis, c’était un bon match ? » Tronche de « Dédé »… Onze mois plus tôt, pour son intronisation en Coupe Davis à Florianopolis, il avait été le seul à traverser la semaine sans se rendre compte de la tension maximale qui règne alors entre Forget et Pioline. Une perf réellement exceptionnelle… À Flushing Meadows, après un succès historique face à Agassi, il déconcerte les journalistes américains en baragouinant trois mots d’anglais, agrippé à la table de la grande salle d’interview parce qu’il est soudain perclus de crampes. Stupeur de l’assemblée : c’est cet écervelé qui vient de battre notre « Kid de Las Vegas » ? Quand il décide de former un trio avec son pote Arnaud Di Pasquale (aujourd’hui no 2 de la DTN) et leur coach commun Rémi Barbarin, il le baptise sur le champ « la Lacadémie », histoire de déminer les ego et de se moquer de la hype suscitée par les camps d’entraînement à l’américaine. Sa devise s’inscrit en filigrane de sa carrière : quand le gène du travail est là et bien là, il est inutile de se prendre trop au sérieux. La vie est trop courte pour l’habiller triste.

VINCENT COGNET
Quote:
« Rigueur, sérieux, générosité, passion... »

GUY FORGET n’a aucun mal à lister les qualités

de celui qui va le remplacer sur la chaise

de capitaine.

« QU’EST-CE QUE ça fait d’avoir un successeur ?

– Je suis très heureux pour Arnaud. Il possède toutes les qualités qui devraient lui servir pour le poste. Rigueur, sérieux, générosité, passion du jeu. C’est quelqu’un de consensuel, apprécié de tous. Ce sont ces atouts qui ont dû séduire. Ça va bien prendre. Il va transmettre son amour de l’épreuve. Comme je le connais, il va passer du temps à parler avec les entraîneurs des joueurs, observer les adversaires... C’est quelqu’un de très méticuleux, qui prendra à cœur sa nouvelle fonction.

– Les joueurs vous ont-ils demandé votre avis ?

– Non, je ne voulais pas donner l’impression de favoriser quelqu’un. Et ils étaient plusieurs à répondre aux critères. C’était délicat pour moi. Mais je suis de tout cœur avec lui. Il va apprendre le métier sur le tas. Il va être confronté à ce qu’il ne connaît pas encore.

– Comme quoi ?

– L’idée qu’on se fait de cette compétition est très différente selon que l’on est joueur ou capitaine. La gestion des tensions, des frustrations, des incompréhensions fait que le fonctionnement d’une équipe est parfois un peu sensible. Tu le ressens quand tu es aux commandes ! Arnaud va le découvrir. Mais c’est un garçon sensible et intelligent, qui va apporter sa fraîcheur.

– Vous auriez quelques conseils à lui donner ?

– Il faut qu’il écoute ce qu’il a au fond de lui. Il faut foncer, y aller ! Il ne faut pas aller contre sa croyance. Le joueur sent quand on a une conviction. Moi, au début, j’écoutais trop les uns et les autres. La première année, j’ai tergiversé et ça s’est retourné contre moi. Il faut qu’Arnaud soit comme quand il était joueur, avec sa combativité et son engagement. Il faut qu’il reste sur ses choix.

– Le fait qu’il soit jeune et inexpérimenté est-il un défaut ?

– Il faisait partie des vieux du circuit. Maintenant, c’est un jeune chez les vieux. Il bascule... Moi aussi, j’étais jeune quand j’ai été nommé, je ne m’y attendais pas, je voulais surtout souffler après ma carrière. Mais ce n’est pas un problème. Personne n’aurait eu en tout cas l’expérience de ce poste.

– Finalement, on reste au système de la “république des joueurs”, non ?

– Quand il y a consensus sur un nom, je ne vois pas comment la Fédération pourrait aller contre l’avis des joueurs. Quel est l’intérêt d’imposer quelqu’un qui ne plaît pas aux joueurs ? Au rugby, c’est plus dur de trouver un nom qui se détache avec l’avis de vingt-deux mecs. C’est plus simple en tennis, me semble-t-il. » – F. Ra.
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